Articles taggés avec ‘reseau vigilance’

Cancers d’origine environnementale, la Fnath se mobilise

Lundi 14 septembre 2009

Avec une part de cancers liés au travail de 3 et 6% (cinq à dix mille personnes touchées par an), l’augmentation de cancers en France s’affirme de plus en plus. La Fédération nationale des accidentés de la vie (FNATH) consacre sa 5e semaine nationale, du 17 au 23 octobre, aux cancers liés à l’environnement. Présentation avec son Secrétaire général, Arnaud de Broca.

actuEL.HSE.fr : Comment va s’organiser votre 5e semaine nationale du 17 au 23 octobre prochain ?

Arnaud de Broca : La semaine nationale de la Fnath est organisée chaque année. Cette 5e semaine nationale est placée sous le signe de la lutte contre les cancers liés à l’environnement et en particulier au milieu professionnel. Nous sommes une fédération d’associations départementales, de nombreuses journées -débats vont donc être organisées sur le thème des cancers environnementaux*, afin que le grand public et les professionnels (médecins, juristes…) puissent échanger et partager des expériences. Par ailleurs, des actions vont être menées dans certains lycées professionnels et une marche sera organisée à Rennes dans le but de sensibiliser la population à ces problématiques.

actuEL.HSE.fr : Vous allez lancer à cette occasion un “réseau de vigilance”. En quoi consiste-t-il ?

Arnaud de Broca : La Fnath va mettre en place ce réseau car la lutte contre le cancer professionnel est l’affaire de tous. Tout le monde peut être concerné, donc tout le monde doit être vigilant sur cette problématique. Nous allons lancer via un site Internet, un réseau de citoyens, avec un espace d’information et d’expression entièrement dédié à la vigilance-santé au travail, pour informer sur les cancers professionnels, découvrir des témoignages (salariés, médecins et acteurs du monde social et médical), faire part d’une expérience en tant que malade, chef d’entreprise, médecins etc., mais aussi aider à mieux identifier les risques en nous alertant sur des “cas douteux”.

actuEL.HSE.fr : Souvent compliquée. Comment intervenez-vous auprès de vos adhérents notamment ?

Arnaud de Broca : Il est vrai qu’il est souvent difficile d’être reconnu en maladie professionnelle. Plusieurs facteurs peuvent l’expliquer : manque de formation des médecins généralistes, tableaux maladies non adaptés, problème d’application de la loi notamment concernant les obligations de traçabilité des expositions professionnelles des entreprises, contentieux avec les caisses de sécurité sociale etc. Notre action consiste donc à faire connaître aux personnes leurs droits, et à les aider dans leurs démarches, comme la reconnaissance en maladie professionnelle. A ce titre, nous pouvons notamment apporter une aide juridique, par exemple en cas de refus de reconnaissance en maladie professionnelle par une caisse qui serait sortie de son rôle et n’aurait pas demandé l’avis du CRRMP (Comité régional de reconnaissance des maladies professionnelles) [l'avis du CRRMP est obligatoire en cas de refus de reconnaissance]. Il peut arriver également, selon les cas, que l’on contacte l’employeur de la personne, les organisations syndicales, ou bien encore l’inspection du travail. Cela peut débloquer certaines situations.

A de Broca secrétaire général d ela FNATH

Arnaud de Broca : “Le réseau de vigilance citoyenne sera un complément à la politique sanitaire”

Lundi 14 septembre 2009

Interview - C’est en focalisant son action sur la prévention au travail, et plus particulièrement celle des cancers environnementaux, que la Fédération nationale des accidentés de la vie (Fnath) fait sa rentrée. À l’occasion de sa cinquième semaine nationale – du 16 au 23 octobre dédiée à une meilleure reconnaissance des cancers d’origine environnementale, et en particulier en milieu professionnel - elle annoncera le lancement d’un « réseau de vigilance citoyenne ». La fonction de ce réseau sera, notamment, d’exercer une veille active vis-à-vis de l’application des lois et décrets de protection des travailleurs, comme l’explique à l’agence Focus, Arnaud de Broca, secrétaire général de la Fnath. D’après les résultats de la dernière édition de l’enquête Sumer, menée sous l’égide du ministère du Travail, 2,4 millions de salariés étaient exposés à des produits cancérogènes, soit 13,5 % des salariés. Par ailleurs, Arnaud de Broca indique rester également vigilant quant à la mise en œuvre d’un autre dossier relatif aux conditions de travail : celui d’une reprise des négociations sur la pénibilité.

Quelles raisons vous poussent à vous mobiliser aussi fortement contre les cancers environnementaux ?

Arnaud de Broca : La santé au travail est une de nos grandes préoccupations. Les statistiques des cancers et maladies professionnels explosent ; c’est donc un sujet d’inquiétude, d’autant qu’il persiste une sous-déclaration, et puis si l’on dépasse le simple milieu professionnel, il y a une vraie problématique actuelle de lien entre les cancers et l’environnement. Cette année la Fnath va donc se mobiliser sur ce thème mais compte prolonger les actions de cette 5e semaine en informant le public sur ses droits, sur la reconnaissance en maladies professionnelles, sur le déchiffrage des étiquettes sur les produits, etc…

Constituer un réseau de vigilance n’est-il pas un désaveu de la politique sanitaire actuelle ?

A. de B. : Un désaveu, je ne le pense pas. En revanche, il sera un complément. La vraie difficulté actuelle est le contrôle de la mise en oeuvre des dispositions réglementaires, de savoir comment l’Etat, au-delà des textes adoptés, les faits réellement appliquer. Ce réseau, qui va se constituer petit à petit, va s’enrichir par des témoignages, des alertes émanant de particuliers et de salariés, ainsi que des échanges locaux, que nous comptons relayer au niveau national. Et puis, nous voulons mobiliser l’opinion pour en finir avec une inégalité d’espérance de vie qui fait qu’un ouvrier vive en moyenne 7 à 8 années de moins qu’un autre salarié. Les travailleurs ne sont pas égaux devant les cancers environnementaux.

Au-delà de ces questions, vous avez souhaité en juin dernier, à l’issue de votre 45e congrès, que « la pénibilité au travail devienne une priorité du Gouvernement ». Qu’en est-il à ce jour ?

A. de B. : Nous avons rencontré Xavier Darcos, la première semaine de septembre, et nous ne pouvons ni dire que ce dossier va passer à la trappe, ni qu’il a avancé. Ce que nous a dit le ministre - et je pense que c’est vrai - est qu’il est pleinement motivé sur ce sujet. Le gouvernement possède déjà un certain nombre d’éléments, recueillis à l’issue des premières négociations qui ont échoué en juin 2008, et qui permettent d’avancer. La balle est bien dans le camp politique. Et pour nous, c’est un préalable à la négociation sur les retraites. Un des soucis est que la période actuelle ne nous annonce pas une grande réforme avec beaucoup de finances à la clef. Néanmoins, je vois mal comment le sujet des retraites pourrait être engagé à l’horizon 2010, sans passer par la case pénibilité. Toute la question est de savoir comment on y passera.

La FNATH agit et lance une alerte collective contre le développement des cancers professionnels. Mobilisons nos forces… autour du réseau vigilance !

Lundi 7 septembre 2009

Lutter contre le cancer professionnel, c’est l’affaire de tous ! Vous, votre famille, vos proches, tout le monde est potentiellement concerné. Voilà pourquoi la FNATH a mis en place un réseau de vigilance.

C’est un réseau de citoyens, un espace d’information et d’expression entièrement dédié à la vigilance-santé au travail, pour :

• vous informer sur les cancers professionnels,

• découvrir des témoignages (salariés, médecins et acteurs du monde social et médical),

• nous faire part de votre expérience en tant que malade, chef d’entreprise, médecins…

• nous aider à mieux identifier les risques en nous alertant sur des « cas douteux »,

• soutenir l’action de la FNATH en devenant bénévole ou en contribuant financièrement.

reseau vigilance fnath

C’est un formidable réseau que la FNATH peut ainsi constituer pour prévenir de nouvelle catastrophe du type de celle contre lesquelles, depuis de nombreuses années, nous luttons. (Amiante, éther de glycol,…)

Ces personnes qui acceptent de devenir les vigies de la FNATH dans les domaines de la santé au travail et plus largement sur l’ensemble des questions de santé publique seront régulièrement en contact avec la FNATH, recevront de la documentation, des informations sur les combats menés par la FNATH.

En retour, ils s’engagent à nous alerter, chaque fois qu’ils sont témoins dans leur vie de tous les jours d’une action, d’une situation portant atteinte à la santé d’autrui pour qu’ensemble nous puissions agir…