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Arnaud de Broca : “Le réseau de vigilance citoyenne sera un complément à la politique sanitaire”

Lundi 14 septembre 2009

Interview - C’est en focalisant son action sur la prévention au travail, et plus particulièrement celle des cancers environnementaux, que la Fédération nationale des accidentés de la vie (Fnath) fait sa rentrée. À l’occasion de sa cinquième semaine nationale – du 16 au 23 octobre dédiée à une meilleure reconnaissance des cancers d’origine environnementale, et en particulier en milieu professionnel - elle annoncera le lancement d’un « réseau de vigilance citoyenne ». La fonction de ce réseau sera, notamment, d’exercer une veille active vis-à-vis de l’application des lois et décrets de protection des travailleurs, comme l’explique à l’agence Focus, Arnaud de Broca, secrétaire général de la Fnath. D’après les résultats de la dernière édition de l’enquête Sumer, menée sous l’égide du ministère du Travail, 2,4 millions de salariés étaient exposés à des produits cancérogènes, soit 13,5 % des salariés. Par ailleurs, Arnaud de Broca indique rester également vigilant quant à la mise en œuvre d’un autre dossier relatif aux conditions de travail : celui d’une reprise des négociations sur la pénibilité.

Quelles raisons vous poussent à vous mobiliser aussi fortement contre les cancers environnementaux ?

Arnaud de Broca : La santé au travail est une de nos grandes préoccupations. Les statistiques des cancers et maladies professionnels explosent ; c’est donc un sujet d’inquiétude, d’autant qu’il persiste une sous-déclaration, et puis si l’on dépasse le simple milieu professionnel, il y a une vraie problématique actuelle de lien entre les cancers et l’environnement. Cette année la Fnath va donc se mobiliser sur ce thème mais compte prolonger les actions de cette 5e semaine en informant le public sur ses droits, sur la reconnaissance en maladies professionnelles, sur le déchiffrage des étiquettes sur les produits, etc…

Constituer un réseau de vigilance n’est-il pas un désaveu de la politique sanitaire actuelle ?

A. de B. : Un désaveu, je ne le pense pas. En revanche, il sera un complément. La vraie difficulté actuelle est le contrôle de la mise en oeuvre des dispositions réglementaires, de savoir comment l’Etat, au-delà des textes adoptés, les faits réellement appliquer. Ce réseau, qui va se constituer petit à petit, va s’enrichir par des témoignages, des alertes émanant de particuliers et de salariés, ainsi que des échanges locaux, que nous comptons relayer au niveau national. Et puis, nous voulons mobiliser l’opinion pour en finir avec une inégalité d’espérance de vie qui fait qu’un ouvrier vive en moyenne 7 à 8 années de moins qu’un autre salarié. Les travailleurs ne sont pas égaux devant les cancers environnementaux.

Au-delà de ces questions, vous avez souhaité en juin dernier, à l’issue de votre 45e congrès, que « la pénibilité au travail devienne une priorité du Gouvernement ». Qu’en est-il à ce jour ?

A. de B. : Nous avons rencontré Xavier Darcos, la première semaine de septembre, et nous ne pouvons ni dire que ce dossier va passer à la trappe, ni qu’il a avancé. Ce que nous a dit le ministre - et je pense que c’est vrai - est qu’il est pleinement motivé sur ce sujet. Le gouvernement possède déjà un certain nombre d’éléments, recueillis à l’issue des premières négociations qui ont échoué en juin 2008, et qui permettent d’avancer. La balle est bien dans le camp politique. Et pour nous, c’est un préalable à la négociation sur les retraites. Un des soucis est que la période actuelle ne nous annonce pas une grande réforme avec beaucoup de finances à la clef. Néanmoins, je vois mal comment le sujet des retraites pourrait être engagé à l’horizon 2010, sans passer par la case pénibilité. Toute la question est de savoir comment on y passera.

La FNATH engage la lutte contre les cancers environnementaux

Lundi 7 septembre 2009

Car il est urgent de mobiliser autour de ce thème de santé publique tous les acteurs tant du côté du monde médical et social, que du côté des entreprises et des salariés.

À la FNATH, notre vocation première est de nous battre au quotidien contre les accidents et les maladies professionnelles. Chaque jour, nous menons des actions auprès des pouvoirs publics et des entreprises pour améliorer l’indemnisation de nos adhérents.

La FNATH a décidé de mettre l’accent sur la sensibilisation de la population aux cancers liés à l’environnement.

L’ALERTE EST LANCÉE… La FNATH agit et lance une alerte collective contre le développement des cancers professionnels.

Pourquoi cet engagement ?

> D’une part, parce que les cancers professionnels sont, aujourd’hui encore, beaucoup trop mal reconnus et indemnisés.

> D’autre part, parce que le manque d’équipement, la faible substitution des produits cancérogènes ainsi que le déficit flagrant d’information et de prévention représentent une vraie bombe à retardement pour les années à venir !

L’environnement, en particulier le milieu de travail, explique en grande partie la croissance des cancers.

Lundi 7 septembre 2009

5 000 à 10 000 cas de cancers par an sont liés au travail
2,4 millions de personnes sont exposés à des produits cancérogènes
70 % des salariés exposés sont des ouvriers
• 1 cancer sur 5 est d’origine professionnelle chez les ouvriers
Les secteurs d’activité concernés :
- ateliers automobile, métallurgie et transformation des métaux, industries du bois, du papier, des produits minéraux ou de la construction…
Les produits ou substances cancérogènes :
- benzène, goudrons, huiles minérales, poussières de bois, amiante, rayonnements ionisants et ultraviolets, …
Les voies de contamination sont multiples :
par l’air qu’on respire, les lèvres, les mains, ou encore la peau.
Plus les expositions sont nombreuses et fortes, plus le risque est important. Même une faible exposition peut provoquer le cancer.
Cancer professionnel